Pigeons ou dindons ?

Vendredi soir dernier (27 janvier 2017), l’émission « On n’est pas des pigeons » de la RTBF (télévision belge francophone), a diffusé un reportage sur les Bars d’Access.

http://www.rtbf.be/info/societe/onpdp/cameras-cachees/detail_access-bars-simplement-du-bien-etre-ou-une-medecine-parallele?id=9513163

Nous avons bien sûr, en tant que praticiens et praticiennes de soins énergétiques – et plus particulièrement des fameuses Bars d’Access – un droit de réponse. Et je vais ici l’exercer.

L’OMS s’est penchée, dès 2002 (résolution WHA 56.31 de l’Assemblée mondiale de la santé, adoptée en 2003), sur les médecines traditionnelles (MT), appelées également, selon les pays, médecines alternatives, parallèles ou douces. Le résumé de leur définition est : « La médecine traditionnelle est la somme des connaissances, compétences et pratiques qui reposent sur les théories, croyances et expériences propres à une culture et qui sont utilisées pour maintenir les êtres humains en bonne santé ainsi que pour prévenir, diagnostiquer, traiter et guérir des maladies physiques et mentales. »

Dès lors, des études ont été menées pour tester toutes ces pratiques alternatives et des recommandations ont ensuite été transmises aux Etats Membres de l’Assemblée mondiale de la santé. Celles-ci les encouragent en gros à permettre à toutes ces médecines et pratiques parallèles d’exister et de se développer, et à « inclure la médecine traditionnelle dans leurs systèmes de santé en fonction des capacités, des priorités, des situations et de la législation nationales et compte tenu des preuves de son innocuité, son efficacité et sa qualité. »

Ceci ne concerne malheureusement pas les pratiques et techniques alternatives énergétiques, même si certaines d’entre elles se basent, entre autres, sur la Médecine Traditionnelle Chinoise.

Toutefois, cela montre une certaine ouverture de la part d’instances « supérieures » au niveau mondial, vis-à-vis de méthodes généralement non prouvées scientifiquement.

* * * * * *

Parallèlement, l’Etat belge a demandé au CRIOC (Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs) de faire une étude sur les médecines alternatives (« Les médecines alternatives », CRIOC, édition 2012, D-2012-2492-30).

Dans ce rapport, le CRIOC fait un état de la situation qui ne semble pas donner une même définition que l’OMS des médecines alternatives, omettant le côté « pratiques ancestrales et culturelles » pour se tourner vers les pratiques et techniques plus récentes, émergentes, parfois basées sur les médecines alternatives, parfois non. Ainsi, on y parcourt rapidement l’histoire des médecines alternatives en Europe, depuis le XIIIème siècle et qui peut sembler (je marche sur des œufs !) orientée car vue depuis la lorgnette de notre médecine occidentale actuelle, qui est plus rationaliste, scientifique et parcellaire qu’intuitive ou holistique. C’est bien sûr un point de vue qui en vaut un autre et je le respecte.

Les pratiques décrites principalement sont : l’homéopathie (« Plusieurs études ont été faites sur l’effet des produits homéopathiques, à ce jour, aucune n’a pu démontrer plus qu’un effet placebo. », page 4), et les autres médecines alternatives que sont l’ostéopathie ou la chiropraxie, ou les « plus farfelues comme la biologie totale ou la biologie immatérielle » (page 6).

Nous y apprenons aussi qu’une loi Colla a vu le jour le 29 avril 1999 (page 7), suite à la demande du Parlement européen en 1997, relative aux pratiques médicales non conventionnelles (Moniteur belge du 24 juin 1999), dont l’objectif était « d’établir un cadre légal aux pratiques non conventionnelles en définissant ces pratiques, enregistrant leurs prestataires et n’autorisant leur pratique qu’aux prestataires enregistrés. » Les seules pratiques retenues étant : l’acupuncture, la chiropraxie, l’ostéopathie et l’homéopathie. Celle loi n’avait toutefois pas encore été mise en œuvre en 2012.

Ensuite, nous trouvons un intitulé de chapitre (qui en dit long) : « médecines alternatives et dérives » (page 8), qui vient démonter nos pratiques et métiers, dans lesquels nous trouvons pêle-mêle : la sophrologie, le reiki, la réflexologie, la kinésiologie, la médecine ayurvédique, la naturopathie, la méditation (!), la Médecine Traditionnelle Chinoise, le Qi gong, le shiatsu, le Taï-chi, les fleurs de Bach, la psychogénéalogie, etc. Je ne les cite pas tous, mais la liste est longue, mêlant pratiques d’exercices physiques à des techniques plus complexes, et des outils nécessitant des années d’études à d’autres s’apprenant en quelques heures.

On y parle de sectes, de praticiens non qualifiés, de « la manière indirecte dont ces pratiques peuvent créer ou aggraver des pathologies par non-recours ou recours tardif au dispositif du système de santé officiel et donc à la médecine moderne. » (page 11), de manipulation de masse, de danger pour la santé, d’aveuglement des consommateurs, etc.

* * * * *

Je souhaite mettre quelques éléments à plat, concernant les consultations de pratiques énergétiques (en fonction de ce que j’ai appris dans mes études et de ce que je vis au quotidien) :

– les praticiens en énergétique, quelle que soit la technique utilisée et apprise, ne sont pas médecins, ni habilités à poser des diagnostics, ni formés à déceler des maladies physiques et/ou psychologiques, ni autorisés à faire des prescriptions d’aucune sorte ; ils ne peuvent prétendre soigner ni guérir aucune maladie. S’ils contrevenaient à l’une de ces règles de base, ils s’exposeraient à être poursuivis pour exercice illégal de la médecine.

– un praticien en pratiques énergétiques ne se substitue jamais à un médecin : il ne remet pas en question les traitements prescrits par le médecin-traitant de son client, ne lui conseille pas d’arrêter un traitement ni ne lui interdit d’aller voir son médecin.

– de même, nous n’avons pas le droit d’appeler nos pratiques du nom de « médecines », même si elles sont dites « parallèles » ou « alternatives » ou « douces », et nous ne sommes pas plus des thérapeutes que nous n’appliquons de thérapies. Nous pouvons dire que nous sommes praticiens, ou énergéticiens, ou magnétiseurs, ou porter le nom de notre discipline, comme kinésiologue ou sophrologue par exemple. Et nos clients ne sont bien sûr pas des patients, puisque ce titre est réservé aux professions reconnues de la médecine et de la psychologie/psychiatrie.

– le rôle des praticiens dans le domaine énergétique est de rendre aux personnes leur autonomie et de rétablir, autant que possible, ce que l’on appelle « l’homéostasie », c’est-à-dire l’équilibre entre les 3 pôles du triangle de la santé : physique, psychologique et biochimique. Et ceci, en n’agissant que par le biais d’outils énergétiques et non médicaux.

Une équilibration par des outils énergétiques est ainsi susceptible d’aider le corps à activer ses processus naturels d’auto-guérison, en diminuant les stress corporels et émotionnels liés aux perturbations de la circulation énergétique.

Si le praticien constate que ses séances ne donnent pas suffisamment de résultats, il en parle avec son client et le réoriente éventuellement vers un collègue ou une autre technique.

– le praticien en pratiques énergétiques utilise ses outils sans prendre le pouvoir sur son client ; c’est le client qui a la maîtrise sur le choix et le rythme de son évolution et de son suivi.

– en cours de séance, le praticien se doit d’informer son client de la ou des techniques utilisées et l’informer plus en détail à la demande.

– les règles de déontologie habituelles s’appliquent : confidentialité, bienveillance, absence de jugement et, pour certaines professions, supervisions et intervisions, recyclages et formations continuées, adhésion à une ou plusieurs fédérations, associations et/ou unions professionnelles lorsqu’elles existent.

Et là-dedans, quel est le rôle du client qui vient consulter le praticien de pratiques énergétiques ?

– le client est responsable de lui-même et de sa santé. Lorsqu’il vient trouver un praticien en pratiques énergétiques, il sait qu’il ne vient pas trouver un médecin. Au moindre doute sur sa santé, il est conscient qu’il vaut mieux consulter en premier son médecin-traitant. Le client conserve son libre-arbitre, est libre de choisir la pratique et le praticien qui lui conviennent.

– informé par son praticien en énergétique, le client sait que la réussite du travail effectué avec la collaboration de son praticien tient de son implication personnelle dans ce travail, de ce qu’il est prêt à lâcher lorsqu’il entreprend un tel travail. En effet, si les bénéfices secondaires inconscients liés à sa difficulté sont plus importants que ses inconforts, les améliorations risquent de se faire attendre. Ceci fera l’objet de discussions avec son praticien, à l’initiative de l’un ou de l’autre.

– le praticien et le client savent que parfois, ils peuvent ne pas se convenir (manque d’atomes crochus, absence de résultats, points de vue discordants, …), et l’on peut se séparer en bons termes.

Cette liste n’est pas exhaustive et peut être éclairée par les commentaires de mes collègues.

* * * * *

Ce que je retire de cette émission, c’est que peut-être, au niveau des professions énergétiques, un code éthique et une déontologie uniques pourraient être développés, ainsi que des prérequis minimums en termes de formations dans l’accompagnement de la personne en séance, en éthique et déontologie, et en sémiologie. De plus, des minima de supervision avec un superviseur et d’intervision entre collègues pourraient être requis pour chaque praticien en activité. Ce serait une sacrée organisation à mettre en place !

Personnellement, je peux comprendre que mes collègues praticiennes d’Access Bars aient refusé d’aller se défendre sur le plateau de la RTBF. Parler à la télévision, c’est un métier et nous ne sommes pas formés à rompre des lances avec des journalistes professionnels qui pourraient nous faire dire ce qu’ils veulent alors que nous serions perturbés par des caméras et des micros, tellement impressionnants. A chacun son métier…

Ce que j’ai perçu lors du reportage et des commentaires de l’émission de vendredi dernier, c’est probablement un manque de connaissances du sujet de la part des journalistes présents. Outre cette ignorance, il y a eu une mauvaise interprétation par les journalistes des outils que les praticiennes filmées en caméra cachée ont abordés, et au final, on entend parler de beaucoup de choses mais peu d’Access Bars…

Même si, en conclusion, le journaliste ne déconseille pas la méthode, disant en substance que ça ne peut pas faire de mal si on y croit (!), les commentaires précédents des journalistes du reportage et en plateau donnent à penser qu’il leur manque les perceptions nécessaires à la compréhension des outils qu’ils ont côtoyés dans leur quête d’information.

Expliquer à certains ce que vivent les praticiens en énergétique revient à essayer de faire comprendre à un sourd la douceur des plus belles notes de Mozart, ou la subtilité d’un vin à une personne souffrant d’agueusie depuis sa naissance.

Ce que vivent beaucoup de praticiens énergétiques (entre autres choses), c’est le développement de leurs perceptions extra-sensorielles au fur et à mesure qu’ils utilisent leurs outils énergétiques. On pourrait assimiler cela à l’accroissement de leurs intuitions et de leurs ressentis, et cela, à 360°. Et donc, oui, on peut, pour certains, scanner un corps avec les mains, parfois même d’un simple regard…

La science n’explique pas tout, mais cela ne veut pas dire que les choses n’existent pas. Et parfois même, quand des études scientifiques ont été menées et prouvent les choses, ceux que cela dérange les discréditent…

Ce que je crois, parce que c’est ce que je vis, c’est que les praticiens en énergétique sont en général de bonne foi. Je ne sais pas sur quelle base vous les avez choisis pour votre émission, mais aucun des collègues que je connais ne se comporte comme la 3ème personne que vous avez filmée.

La plupart des praticiens en énergétique sont des personnes en recherche permanente. Elles se remettent en question tout le temps, continuent à se former en permanence, étudient beaucoup de choses, lisent énormément, ce qui les fait évoluer sur le plan personnel et leur permet d’offrir leur expérience et leur sensibilité, associées à une large palette d’outils à leur clientèle. Et donc, chez la plupart des praticiens, les Bars d’Access ne sont pas leur unique technique.

Les dynamiques qui sous-tendent les relations entre les praticiens et leurs clients sont souvent le fruit d’une rencontre entre des personnes, des énergies, des besoins à combler, l’évolution d’un praticien qui a rencontré les difficultés que son client connaît, des sensibilités qui se répondent, un besoin de s’entendre dire des choses…

Contrairement à ce que dit le journaliste, travailler en caméra cachée dans des domaines tels que le nôtre ne permet pas d’avoir une « vraie » séance comme avec un « vrai » client.

Quand un journaliste arrive avec une fausse histoire, de faux symptômes, et garde derrière la tête l’idée de « piéger » un praticien avec ses symptômes bidons soigneusement préparés avec un médecin, et sa caméra cachée dans sa veste, et qu’il pense au ton qu’il veut donner à son reportage, toute la dynamique de la relation est faussée, toute la séance est faussée. Il n’y a pas d’échange réel, pas de possibilité d’établir une relation vraie. Le praticien sent que les choses ne sont pas justes sans pouvoir mettre le doigt dessus, peut se sentir mal à l’aise, et dire ou faire des choses qu’il ne dirait pas ou ne ferait pas en temps normal, uniquement pour compenser ce malaise qu’il ne comprend pas.

Aborder les pratiques énergétiques et leurs praticiens quand on n’est pas franc, pas correct, qu’on ne joue pas le jeu, c’est aller au-devant de déceptions. Aborder les pratiques énergétiques et les praticiens avec en tête les mêmes schémas que ceux que l’on a en allant chez le dentiste ou le généraliste, ça ne marche pas. C’est une dynamique, un échange énergétique, qui se fait par les mots, mais surtout au-delà des mots, dans le monde de l’énergie et des perceptions du monde subtil.

Peut-être les journalistes de cette émission-ci n’avaient-ils pas ces connaissances-là ? Ils ont certainement agi en pensant à protéger les consommateurs, dans le ton léger et humoristique dont ils sont coutumiers.

Mais cela ne devrait pas empêcher le respect du travail, de la bonne foi, des connaissances, des professions et des personnes visées, comme certains autres journalistes de la presse écrite et radio sensiblement plus ouverts l’ont déjà montré à d’autres occasions vis-à-vis des professions non conventionnelles comme les nôtres.

Venez à découvert voir les praticiens, posez-leur vos questions, demandez à recevoir une séance. Nous sommes des passionnés, nous aimons nos métiers et nous serions certainement très heureux de vous les partager dans la bienveillance, l’ouverture et le respect de chacun.

Auteur : francoiseconscience

Praticienne et facilitatrice convaincue Access Bars et Access Body, je vous invite dans mon monde fait de la magie (l'âme agit!) et de bon sens. Toutes mes expériences de vie m'ont menée où je suis aujourd'hui. Certaines merveilleuses, d'autres plus difficiles. Toutes fondatrices et constructives. Peut-être me donnerez-vous un rôle à jouer dans votre vie ? N'hésitez pas. C'est ma passion et mon métier !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s